Le double menton fait partie de ces complexes que beaucoup souhaitent corriger rapidement. Et sur les réseaux, une expression revient de plus en plus : le « lifting coréen ». Derrière ce nom intrigant, moderne et très marketing, on trouve souvent non pas un simple soin esthétique, mais une forme de liposuccion du double menton, présentée comme rapide, accessible et presque anodine.
C'est précisément là que la vigilance doit commencer : lorsqu'un acte invasif est emballé dans un vocabulaire tendance, le risque est de banaliser ce qui reste une vraie intervention.
Un nom séduisant pour une réalité bien plus sérieuse
Dans le langage relayé sur certains réseaux sociaux, le « lifting coréen » peut désigner une aspiration de graisse sous le menton, parfois proposée comme une solution simple pour affiner l'ovale du visage. Or, retirer de la graisse à l'aide d'une canule, même sur une petite zone, n'a rien d'un soin léger.
Une enquête du Parisien montrait justement que la liposuccion du double menton était parfois vendue sous ce nom dans des contextes clandestins, avec une présentation faussement rassurante de l'acte. Le problème n'est donc pas seulement la technique : c'est aussi la manière dont elle est racontée, minimisée et commercialisée.
La vraie prévention, c'est de ne pas confondre rapidité et sécurité médicale
Le premier réflexe de prévention consiste à ne pas se laisser convaincre par un avant/après vu sur TikTok ou Instagram. Un double menton peut être lié à plusieurs causes : un amas graisseux localisé, un relâchement cutané, une perte de définition de l'ovale, ou parfois un mélange de ces éléments. Vouloir aspirer la graisse sans diagnostic préalable peut donc conduire à un traitement mal indiqué, avec un résultat décevant, voire un rendu irrégulier si la peau ne se retend pas correctement.
La bonne question n'est pas « comment enlever vite mon double menton ? », mais « quelle est la cause principale de mon double menton ? ».
Il faut se méfier dès qu'un acte chirurgical est présenté comme « presque rien »
C'est souvent là que le discours dérape. Parce que la zone est petite, certains la présentent comme un geste mineur. Pourtant, dès lors qu'il s'agit d'introduire une canule pour aspirer de la graisse, on parle d'un acte invasif qui relève d'un cadre strict.
En France, une intervention de chirurgie esthétique ne peut être pratiquée que dans des installations répondant à des conditions techniques précises et autorisées par l'administration compétente. La personne doit aussi être informée des risques, des complications éventuelles et des conditions de l'intervention. Autrement dit : si tout semble « trop simple », « trop rapide » ou « trop informel », il y a déjà un problème.
Un cadre légal existe justement pour éviter les décisions prises à la légère
En chirurgie esthétique, le praticien doit remettre un devis détaillé dans les cas prévus par la réglementation, et un délai minimum de quinze jours doit être respecté entre la remise de ce devis et l'intervention. Ce délai n'est pas un détail administratif : il sert à protéger le patient contre l'achat impulsif, la pression commerciale et la banalisation d'un acte médical.
Lorsqu'une personne vous pousse à « faire ça vite », à payer immédiatement, ou à réserver sans vraie consultation, on s'éloigne de l'esprit même de cette protection.
Le danger n'est pas seulement l'illégalité, mais aussi la mauvaise indication
Même dans un cadre médical, une aspiration du double menton n'est pas forcément la bonne réponse pour tout le monde. Chez certains patients, l'excès graisseux est réel et bien localisé : la réduction peut alors avoir du sens. Chez d'autres, le problème vient surtout d'un relâchement cutané ou d'une mauvaise tonicité du cou et de l'ovale du visage.
Dans ce cas, enlever de la graisse sans traiter la qualité de la peau peut ne pas donner l'effet harmonieux espéré. La prévention, ici, consiste donc à éviter le mauvais geste sur le mauvais profil.
Les alternatives proposées à la Clinique Phenicia
À la Clinique Phenicia, l'approche du double menton repose d'abord sur une évaluation de la cause dominante. Selon le diagnostic, plusieurs solutions peuvent être envisagées.
Si le problème vient surtout d'un amas graisseux modéré et bien localisé, la cryolipolyse du double menton peut être une alternative non chirurgicale pour réduire cette zone ciblée. Onda Coolwaves, disponible à Phenicia Medical Spa, agit également sur les cellules graisseuses sous-mentonnières grâce à la technologie des micro-ondes.
Si le problème vient surtout d'un relâchement des tissus et d'une perte de fermeté, les HIFU, ou ultrasons focalisés, peuvent être envisagés. Ils aident à améliorer la tonicité et à redessiner l'ovale du visage.
Enfin, lorsque l'indication est plus marquée, une liposuccion chirurgicale réalisée dans un bloc opératoire peut être discutée dans un cadre adapté. L'intérêt de cette approche est de ne pas transformer tous les doubles mentons en « cas de lipo », mais de choisir la technique la plus cohérente selon le diagnostic.
En résumé : oui, il faut s'en méfier, surtout quand le marketing prend le dessus sur la médecine
Le « lifting coréen » peut faire croire à une nouveauté douce, presque cosmétique, alors qu'il s'agit souvent d'une lipo sous-mentonnière présentée de façon trop légère.
Ce n'est pas l'origine géographique supposée de la technique qui doit interroger, mais la manière dont elle est proposée : sans vrai diagnostic, sans information complète, sans cadre sécurisé, ou avec une promesse de transformation facile. En matière de double menton, la meilleure prévention reste toujours la même : comprendre la cause, poser la bonne indication, et privilégier un parcours médical clair plutôt qu'une tendance virale.